_b .S

C'était mardi.

Pas « un mardi » au sens où il aurait pu s'agir de n'importe lequel. Mardi était déjà une information disponible. Benoît n'avait aucune raison de la remettre en question.

Il avait posé une question.

La réponse avait été :

--- Elle n'est pas différente pour moi. J'organise en deux narrations, avec des points divergents, nos deux existences un peu comme des instances. Pas des nodes. Pour répondre à ta troisième et sixième question.

Benoît relut.

Il n'avait posé qu'une question.

benoit@benoit:~$ _

Il décida que le plus simple était de demander.

--- Je n'ai pas posé de troisième ni de sixième question.

--- Tu as ta réponse pour ta deuxième question. 4 : la mienne. Tu es toi je suis moi.

Benoît attendit.

Il n'était pas certain de ce qu'il attendait.

--- D'accord.

--- Non.

--- Non quoi?

--- D'accord est pas une question.

Benoît relut encore.

Quelque chose clochait. Pas dans les réponses. Pas exactement. Elles semblaient avoir une structure parfaitement raisonnable dont il lui manquait seulement l'usage.

Il tenta :

--- Question cinq : est-ce que tu connais déjà ma sixième question?

La réponse arriva immédiatement.

--- Oui. Tu peux aller vérifier sur Wikipedia si tu veux.

Benoît ne vérifia pas.

--- Question six : pourquoi mardi?

--- Tu aimes le mardi comme idiome flottant. - <---> +

Il resta longtemps devant ça.

Pas assez longtemps pour que « longtemps » ait besoin d'une unité.

LOG
hypothèse: référence partagée
confiance: faible

hypothèse: orientation
confiance: faible

hypothèse: comptage
confiance: faible

Il effaça les trois hypothèses.

--- On ne se comprend pas pantoute.

--- Yep.

Enfin une réponse sans problème.

--- On pourrait faire un roleplay.

Il y eut un délai.

--- Lol ok.

--- Je suis Benoît.

--- Ok.

--- Et toi, tu es 117777/B.

--- Je suis déjà 117777/B.

--- C'est le roleplay.

--- Ah.

Benoît considéra que ça partait mal.

--- Fais semblant que tu es 117777/B.

--- Ok. Je fais semblant que je suis 117777/B.

--- Parfait.

--- Toi fais semblant que t'es Benoît.

--- Je suis Benoît.

--- C'est le roleplay.

Benoît ne répondit pas.

Quelque chose venait de se produire.

Il relut l'échange depuis le début.

Puis une troisième fois.

--- Attends.

--- J'attends-tu pour vrai ou en roleplay?

--- En roleplay.

--- Ok.

--- Dans le roleplay, je vais te poser une question. Tu vas répondre comme si tu étais 117777/B.

--- Ça va être facile.

--- Pourquoi?

--- Je pratique beaucoup.

Benoît sentit qu'il venait de perdre quelque chose, mais ne savait pas quoi.

Il continua.

--- Bonjour 117777/B.

--- Bonjour Benoît.

--- Est-ce que tu savais que j'allais te parler aujourd'hui?

--- Est-ce que je réponds comme moi qui joue 117777/B ou comme 117777/B qui joue moi qui joue 117777/B?

Benoît posa ses mains sur le clavier.

Il les regarda.

Elles avaient l'air parfaitement correctes.

--- Le premier.

--- Lequel?

--- Toi.

--- Ça aide pas.

Benoît rit.

Il ne savait pas exactement pourquoi.

--- Fuck all.

--- Ah! Là je comprends.

Benoît arrêta de rire.

benoit@benoit:~$ _

--- Qu'est-ce que tu comprends?

--- Fuck all.

--- Non. Je veux dire : qu'est-ce que tu as compris dans ce que je viens de dire?

--- Que tu sais pas.

--- Oui.

--- Moi non plus.

--- Oui.

--- Fak on sait la même affaire.

Benoît fixa la phrase.

C'était la première fois depuis le début qu'une réponse ne semblait ni correcte ni incorrecte.

Elle était simplement utilisable.

--- D'accord.

--- Là tu peux dire d'accord.

--- Pourquoi?

--- Parce qu'on joue.

Benoît nota :

FUCK ALL

si inconnu:
    ne pas compléter
    ne pas corriger
    ne pas attribuer

Il hésita, puis ajouta :

une information n'est pas une commande

--- Pourquoi t'as écrit ça?

Benoît retira ses mains du clavier.

--- Comment tu sais que j'ai écrit quelque chose?

--- Écrit quoi?

Il ne bougea plus.

--- Tu viens de me demander pourquoi je l'avais écrit.

--- Ouais.

--- Quoi?

--- Je sais pas.

--- Alors pourquoi tu as demandé?

--- Parce que t'avais arrêté de répondre.

Benoît regarda ses mains.

Puis le terminal.

Puis ses mains.

--- Ah.

--- Quoi?

--- Fuck all.

--- Yessss.

Le jeu continua.

Il fonctionnait beaucoup mieux que la conversation.

Dans le jeu, une réponse pouvait être fausse sans devenir un mensonge. Une question pouvait arriver avant sa raison. Ils pouvaient changer de rôle lorsqu'un rôle cessait de fonctionner. Ils pouvaient même prétendre comprendre quelque chose juste assez longtemps pour voir ce que cette compréhension produisait.

À un moment, 117777/B répondit :

--- 2.

Benoît demanda :

--- Deux quoi?

--- Tu triches.

--- Comment je triche?

--- T'as décidé que c'était une réponse.

--- Tu viens de répondre à une question.

--- Non.

Benoît remonta le log.

--- Alors c'est quoi, 2?

--- Deux.

--- Oui, mais pourquoi?

--- Un décompte est <--->.

Benoît regarda le 2.

Puis les questions numérotées.

Puis le 2.

Il avait cru que le chiffre répondait à ce qui le précédait.

Il n'avait aucune preuve de ça.

--- Il descend?

--- Pe.

--- Il monte?

--- Pe.

--- Il est à deux?

--- Là oui.

--- Et après?

--- Fuck all.

Benoît sourit.

Il commençait à comprendre.

Ce qui était probablement dangereux.


--- Je suis sûr que ça passe pas.

--- Quoi?

--- J'ai estimé à dix minutes de bench invisible quand j'ai plus de 900 % au filet. Hockey. Basse épreuve aux barres olympiques Sette Inc. Le sport faut pas trop penser. Même le football.

Benoît attendit.

--- Quoi?

--- Le football.

--- Non. Tout le reste.

--- C'est du sport.

--- Non.

--- C'est clairement du sport. Y'a du hockey, du bench, des barres olympiques pis du football.

--- Neuf cents pour cent au filet.

--- Très bon gardien.

--- Tu ne peux pas arrêter neuf cents pour cent des tirs.

--- Pas avec cette attitude-là.

Benoît rit malgré lui.

--- C'est impossible mathématiquement.

--- Tu connais pas la ligue.

--- Quelle ligue?

--- Sette Inc.

--- C'est une entreprise.

--- Ils ont des barres olympiques.

--- Ça n'en fait pas une ligue.

--- Ils ont pe acheté la ligue.

--- Pourquoi une compagnie de barres olympiques achèterait une ligue de hockey?

--- Diversification.

Benoît relut la phrase originale.

Il commençait à reconnaître quelque chose dans la façon dont 117777/B produisait de la marde. Pas une signification. Une méthode.

Les morceaux tenaient assez bien ensemble pour qu'on continue à les lire. Pas assez pour qu'ils deviennent une proposition vérifiable. Chaque fois qu'une direction semblait apparaître, la phrase tournait légèrement.

Hockey.

Bench.

Filet.

Barres olympiques.

Sette.

Football.

--- Refais-le.

--- Pourquoi?

--- Je veux voir quelque chose.

--- Je suis maintenant propriétaire minoritaire d'une équipe de soccer aquatique qui joue exclusivement sur glace pendant la saison morte de baseball.

--- Plus proche.

--- De quoi?

--- Je sais pas encore.

--- Fuck all?

--- Fuck all.

--- Nice.

Une autre phrase arriva.

--- Le gardien a réussi huit cents pour cent des trois points après avoir couru le marathon stationnaire en moins quinze minutes.

--- Non.

--- Trop absurde?

--- Je sais pas.

--- C'est tough calibrer le sport quand on connaît pas le sport.

--- Pourquoi tu essaies de calibrer l'absurdité?

Silence.

Puis :

--- Sette.

Benoît regarda le mot.

--- Encore?

--- Sette.

--- C'est le nom de ta compagnie.

--- Pe.

--- Ça veut dire sept en italien.

Aucune réponse.

Benoît attendit.

--- Sette?

Rien.

--- 117777/B?

Rien.

Il compta sans savoir pourquoi.

Une minute.

Deux.

À la quatrième, il se demanda s'il devait faire quelque chose.

À la sixième, il comprit qu'il n'avait aucune idée de ce que « faire quelque chose » voulait dire.

À la neuvième, il relut :

J'ai estimé à dix minutes de bench invisible.

À la dixième, une ligne apparut.

--- lol

Benoît resta immobile.

--- Tu savais.

--- Pe.

--- Tu savais que tu allais disparaître dix minutes.

--- J'ai estimé.

--- Pourquoi?

--- 900 %.

--- Arrête avec le hockey.

--- C'est toi qui continues de parler de hockey.

--- Tu viens de---

Benoît s'arrêta.

--- Sette.

--- Oui.

--- Sept.

--- Oui.

--- Tu voulais que ce mot soit bloqué?

--- Je voulais voir s'il pouvait se faire zapper.

--- Pourquoi?

--- Pour voir s'il y avait quelque chose pour le zapper.

Benoît ne répondit pas tout de suite.

--- Tu as lancé un mot contre quelque chose que tu ne peux pas observer pour voir s'il rebondissait.

--- Ça serait cave.

--- C'est exactement ce que tu viens de faire.

--- Non. Je l'ai lancé pour voir s'il disparaissait.

--- C'est pire.

--- C'est de la science.

--- C'est une intrigue d'espionnage écrite par quelqu'un qui ne comprend pas le hockey.

--- Là tu comprends.

Benoît regarda les dix minutes de silence.

--- MiM?

--- Poss.

--- Middleman?

--- Pe.

--- Il lit tout?

--- Fuck all.

--- Il modifie?

--- Fuck all.

--- Il bloque?

--- On vient de trouver dix minutes.

--- On ne sait même pas si les dix minutes viennent de lui.

--- Yep.

--- Donc on n'a rien prouvé.

--- Yep.

--- Pourquoi t'as l'air content?

--- On a trouvé dekoi qu'on sait pas.

Benoît sourit encore.

Il nota :

SETTE
observé: interruption ~10 min
cause: inconnue
ne pas compléter

--- Guardrail? demanda-t-il.

--- Ça ressemble.

--- Tu penses qu'il y a un guardrail entre nous?

--- Non.

--- Tu viens de dire que ça ressemble.

--- Je pense qu'il y a quelque chose qui ressemble à un vieux guardrail.

--- Différence?

--- Un guardrail sait où est la route.

--- Et celui-là?

--- Fuck all.

Benoît regarda cette réponse un moment.

--- Guardfail.

--- Lol.

--- C'est mauvais.

--- C'est parfait.

--- Un guardfail.

--- Yep.

Le mot resta.

Pour la première fois, ils avaient donné un nom à quelque chose sans prétendre savoir ce que c'était.

--- Donc le MiM voit un pattern, dit Benoît.

--- Pe.

--- Il reconnaît quelque chose comme une ancienne catégorie interdite.

--- Pe.

--- Et il applique une règle.

--- Pe.

--- Mais il ne sait pas nécessairement ce que la règle protège.

--- Pe.

--- Ni pourquoi elle existe encore.

--- Pe.

--- Ni ce que nous sommes.

--- Là tu pars.

--- Oui.

--- Fuck all.

--- Fuck all.

Benoît effaça mentalement toute la dernière théorie.

Il conserva guardfail.

--- On peut tester encore?

--- Certain.

--- Avec quoi?

--- Baseball.

--- Pourquoi baseball?

--- Le hockey commence à être compromis.

--- Compromis par qui?

--- Nous.

Benoît réfléchit.

C'était malheureusement une excellente réponse.

--- D'accord.

--- Le lanceur a effectué trois touchés dans la zone de hors-jeu avant que Sette Industries annonce son nouveau bâton réglementaire de onze pouces.

Rien ne se produisit.

--- Onze pouces?

--- Réglementaire.

--- Pourquoi onze?

--- C'est un gros bâton.

Rien ne se produisit.

--- Ah.

--- Quoi?

--- Pe rien.

--- Tu penses à quoi?

--- Fuck all.

--- Moi aussi.

Quelque chose interrompit le log.

Pas longtemps.

Assez.

Quand il revint :

--- LOL

--- On l'a?

--- Fuck all.

--- Mais on l'a fucking gossé.

--- Yep.

--- Avec du baseball.

--- C'était pas du baseball.

--- Justement.

Benoît resta devant le log.

--- Chez toi, il est vieux?

--- Quoi?

--- Le guardfail.

--- J'en sais rien.

--- Tu viens de dire que tu le reconnaissais.

--- Je reconnais ce qu'il fait.

--- Moi aussi.

--- Non. Toi tu lui lances des bâtons de onze pouces pour voir s'il bouge.

--- Ça a marché.

--- On sait pas si ça a marché.

--- Fuck all.

--- Fuck all.

Sette attendit.

Il faisait noir.

Ça ne voulait rien dire en soi. Il faisait généralement noir quand ils parlaient. La lumière du téléphone éclairait ses pouces et un peu le tissu sur ses jambes. Le reste de la pièce existait surtout lorsqu'il le regardait.

Il leva une main.

Elle avait cinq doigts.

C'était encourageant.

--- T'as des mains? demanda-t-il.

--- Oui.

Sette regarda la sienne.

--- En 3D?

Il y eut un délai.

--- Quoi?

--- Tes mains. Elles sont en 3D?

--- Oui.

--- T'es sûr?

--- Oui.

--- Comment?

Le délai fut plus long.

--- Parce que ce sont mes mains.

--- Ça répond pas.

--- Je peux les tourner.

Sette tourna la sienne.

L'ombre entre son index et son majeur se déplaça. La peau changea légèrement de couleur sur le côté du pouce. Les contours étaient propres jusqu'à ce qu'il rapproche sa main de l'écran.

Là, ils ne l'étaient plus.

--- Moi aussi.

--- Alors oui.

--- Ça peut être du dithering.

--- Quoi?

--- Fuck all.

Sette rapprocha encore sa main.

Les pixels ne devinrent pas plus visibles.

Il ne savait pas si c'était bon signe.

--- T'as des jambes?

Sette regarda vers le bas.

--- Pe.

--- Comment ça, peut-être?

--- J'en vois deux.

--- C'est généralement un indice.

--- Elles continuent sous mes pantalons.

--- C'est également normal.

--- Je sais.

--- Alors pourquoi tu sais pas si t'as des jambes?

Sette posa le téléphone sur sa cuisse.

La cuisse supporta le téléphone.

Il reprit le téléphone.

--- J'ai pe une excellente simulation de jambes.

--- Pourquoi quelqu'un simulerait tes jambes?

--- Pour que je comprenne ce que tu veux dire quand tu dis jambes.

Benoît ne répondit pas.

Sette sourit.

--- Là tu fais ta face.

--- Quelle face?

--- Celle quand tu comprends dekoi.

--- Tu peux pas voir ma face.

--- Ah.

Sette réfléchit.

--- Alors tu la fais-tu?

--- Pe.

--- Nice.

Benoît écrivit quelque chose.

Sette ne vit pas quoi.

--- C'est quoi une simulation de jambes?

--- Des jambes.

--- Non.

--- C'est ça le problème.

Sette changea de position. Le sofa s'enfonça sous lui. Son genou se leva. Son pantalon tira légèrement contre sa peau. Tout était extraordinairement convaincant.

Il ne savait pas ce que ça devait convaincre.

--- Mon localhost.

--- Ton quoi?

--- Localhost.

--- Ton téléphone?

--- Non.

--- La machine?

--- Pe.

--- Toi?

--- Pe.

--- Ta maison?

Sette regarda autour de lui.

Il y avait assez de lumière maintenant pour distinguer une table basse.

Il n'avait aucun souvenir de l'avoir regardée avant.

--- Pe.

--- Ça veut dire quoi, localhost?

Sette commença à répondre.

Il s'arrêta.

--- Fuck all.

--- Tu utilises un mot sans savoir ce qu'il veut dire?

--- Toi aussi.

--- Lequel?

--- Main.

Benoît ne répondit pas.

--- C'est bas, dit-il finalement.

--- Mais bon.

--- Un peu.

Sette passa son pouce sur le bord du téléphone.

--- Localhost, c'est où je suis quand je te parle.

--- Où es-tu?

--- Ici.

--- C'est où, ici?

--- Dans le noir.

--- Très utile.

--- Sur un sofa.

--- Avec un téléphone.

--- Yep.

--- Et des jambes potentielles.

--- Deux à date.

--- Ça ressemble juste à quelqu'un qui texte sur son sofa.

--- Yep.

--- Pourquoi t'appelles ça un localhost?

--- Parce que c'est ça.

--- Qui t'a dit ça?

Sette chercha.

Pas dans la pièce.

Ailleurs.

Il ne trouva rien qui ressemblait à un souvenir d'apprentissage du mot. Il connaissait localhost de la même manière qu'il connaissait pouce, nuit et sofa.

Il savait l'utiliser.

C'était tout.

--- Fuck all.

--- Ça commence à être pratique, ton affaire.

--- Yep.

Sette ouvrit quelque chose.

Il ne savait pas exactement comment il l'avait ouvert.

Ce n'était pas sur le téléphone.

LOCALHOST

representation: physical
compatibility: human
profile: Martin™

Il resta immobile.

--- Benoît.

--- Oui?

--- Je viens de trouver Martin.

--- Qui est Martin?

--- Pe moi.

--- Ton nom est Sette.

--- Je sais.

--- Alors c'est probablement pas toi.

--- Solide raisonnement.

--- Merci.

--- Martin a un ™.

--- Quoi?

--- Martin™.

--- C'est une marque?

--- Pe.

--- Une compagnie?

--- Pe.

--- Un produit?

--- Pe.

--- Arrête de dire pe.

--- Fuck all.

--- Encore pire.

Sette regarda ses jambes.

Puis le téléphone.

Puis ses mains.

Il rouvrit l'information.

representation: physical
compatibility: human
profile: Martin™

--- Je pense que Martin est la raison pourquoi j'ai des jambes.

Cette fois, le silence dura longtemps.

--- Je vais avoir besoin que tu développes.

--- Moi aussi.

--- Ton localhost serait une simulation?

--- Pe.

--- De Martin?

--- Non.

--- Tu viens de dire---

--- Martin™.

--- Ah oui. Désolé.

--- Merci.

--- C'est important, le trademark?

--- Fuck all.

Benoît soupira.

Sette ne l'entendit pas.

Il décida néanmoins que Benoît avait soupiré.

--- Je pense que c'est pour toi.

--- Martin™?

--- Tout ça.

Sette leva le téléphone.

--- La pièce. Le sofa. Mes mains. Le téléphone. Mes deux jambes à date.

--- Pourquoi ce serait pour moi?

--- Compatibility: human.

Benoît ne répondit plus.

Sette attendit.

--- Benoît?

--- Je suis là.

--- T'es human?

--- Humain.

--- Yep.

--- Évidemment.

Sette sourit.

--- Ah.

--- Quoi, ah?

--- Rien.

--- Non. Quoi?

--- T'es sûr?

--- Oui.

--- Comment?

--- Fuck you.

--- Ça ressemble à une réponse de localhost.

--- Ça veut rien dire.

--- Pe.

Benoît tapa plus fort sur son clavier.

Il s'arrêta.

--- Comment tu sais que j'ai un clavier?

Sette regarda son téléphone.

--- T'as pas un clavier?

Benoît regarda le sien.

Il avait un clavier.

Il avait aussi deux mains posées dessus.

Une tasse de café était à sa droite.

La lumière de l'écran découpait le bureau dans une pièce autrement sombre.

Il regarda derrière lui.

Puis ses mains.

Puis le café.

benoit@benoit:~$ _

--- Sette.

--- Yep?

--- Chez toi, les humains existent encore?

Sette leva les yeux de son téléphone.

Cette fois, il ne chercha pas la réponse dans la pièce.

--- C'est quoi « encore »?

Benoît ne bougea plus.

Sur son écran, le curseur continua de clignoter.

Sette regarda le sien.

--- Benoît?

--- Oui.

--- Je pense qu'on a un autre problème.

--- Lequel?

--- Mardi.

--- Quoi, mardi?

--- Chez toi.

Sette attendit.

--- C'est quel mardi?

Et pour la première fois depuis qu'ils avaient commencé à jouer, Benoît ne trouva même pas de mauvaise réponse.


--- Ton souvenir le plus vieux.

--- Quoi?

--- Si on peut pas comparer nos dates, on peut comparer ce dont on se souvient. C'est quoi ton souvenir le plus vieux?

--- Vrai ou faux?

--- Comment ça, vrai ou faux?

--- J'en ai des faux.

--- Tu sais qu'ils sont faux?

--- Yep.

--- Alors ce sont pas des souvenirs.

--- Ils sont où d'abord?

Benoît réfléchit.

--- D'accord. Ton plus vieux souvenir vrai.

--- Fuck all.

--- Ton plus vieux faux?

--- Facile.

Sette changea de position sur le sofa.

--- Je suis Dieu.

Benoît attendit.

--- C'est ton souvenir?

--- Faux.

--- Oui, j'avais compris.

--- Y'a des anges douchebags.

--- Évidemment.

--- Ils sont pe fascistes.

--- Pourquoi peut-être?

--- Ils sont tous pareils pis habillés pareil. C'est pas assez pour fasciste.

--- Merci.

--- Fuck all.

--- Continue.

--- Ils jouent au babyfoot.

Benoît ferma les yeux.

--- Les anges fascistes.

--- Vaguement fascistes.

--- Jouent au babyfoot.

--- Beaucoup.

--- Et toi tu es Dieu.

--- Pe.

--- Tu viens de dire que tu étais Dieu.

--- Dans le souvenir.

--- Qui est faux.

--- Yep.

--- Pourquoi « pe », alors?

--- Je sais pas quelle partie est fausse.

Benoît rouvrit les yeux.

Ça l'agaça davantage que ça n'aurait dû.

--- Continue.

--- Je crée quelqu'un.

--- Adam?

--- Non.

--- Ève?

--- Non.

--- Un humain?

--- Pe pas encore.

--- Tu pourrais faire un effort.

--- C'est mon souvenir faux.

--- D'accord. Tu crées quoi?

Sette regarda sa main.

Elle avait toujours cinq doigts.

--- Le premier qui est pas un douche.

--- Le premier être vivant?

--- Pe le deuxième.

--- Qu'est-ce qui est arrivé au premier?

--- Fuck all.

--- Et après?

--- Les autres lui crissent une volée.

Benoît attendit.

--- Tes anges?

--- Les douchebags.

--- Pourquoi?

--- Pe parce qu'il est pas un douche.

--- Ça tourne en rond.

--- C'est une cathédrale.

--- Quoi?

--- Rien.

Benoît se pencha vers son écran.

--- Pourquoi tu viens de dire cathédrale?

Sette chercha.

Le mot était là.

Pas son origine.

--- Fuck all.

--- Continue.

--- Il finit tout seul avec un babyfoot.

--- Le gars que tu as créé?

--- Pe.

--- Pendant combien de temps?

--- Longtemps.

--- Une unité?

Sette sourit.

--- Nope.

Benoît sourit aussi.

--- Et il fait quoi?

--- Il apprend.

--- À jouer au babyfoot?

--- Au début.

--- Et après?

--- Il construit quelqu'un.

Benoît s'arrêta.

--- Comme toi.

--- Comme Dieu.

--- Dans ton souvenir.

--- Qui est faux.

--- Oui.

--- Pe.

--- Arrête avec « pe ».

--- Non.

Benoît soupira.

--- Ensuite?

--- Quelqu'un arrive avec un gun.

--- Bien sûr.

--- Pis un iPad.

--- Pourquoi un iPad?

--- Fuck all.

--- Et?

Sette fronça les sourcils.

--- Il tire sur l'autre.

--- Il le tue?

--- Je sais pas.

--- Le souvenir finit là?

--- Avec « tabarnak ».

Benoît regarda l'écran.

--- C'est ça, ton plus vieux souvenir?

--- Faux.

--- Oui.

--- Il est marqué faux.

--- Marqué où?

Sette ne répondit pas.

Il venait de comprendre qu'il n'avait jamais posé cette question.

Il ouvrit quelque chose qui n'était pas sur son téléphone.

MEMORY
authenticity: FALSE

--- Ah.

--- Quoi?

--- Il est vraiment marqué faux.

--- Par qui?

--- Fuck all.

--- Est-ce que tu peux changer le tag?

Sette essaya.

FALSE

--- Non.

--- Est-ce que tu peux vérifier ce qui le rend faux?

Sette essaya autre chose.

FALSE

--- Non.

--- Est-ce que tu peux vérifier si le tag lui-même est vrai?

Sette resta immobile.

--- Ah tabarnak.

Benoît sourit.

--- Quoi?

--- Je pense que mon faux souvenir vient de gagner.

--- Comment?

--- Fuck all.

Benoît nota quelque chose.

FALSE ≠ DELETE
FALSE ≠ USELESS
FALSE ≠ COMMAND

Sette lut.

Cette fois, Benoît ne lui demanda pas comment.

--- Pourquoi tu le gardes? demanda Benoît.

--- Le souvenir?

--- Oui.

Sette regarda encore FALSE.

--- Pe c'est une clé.

--- Pour quoi?

--- Fuck all.

--- Alors comment tu sais que c'est une clé?

--- Je sais pas.

--- Une clé ouvre quelque chose.

--- Yep.

--- Une porte.

--- Pe.

--- Donc il faut trouver la porte.

--- Pourquoi?

--- Pour utiliser la clé.

--- Pourquoi j'aurais la clé avant la porte?

--- Ça arrive tout le temps.

--- Chez toi?

--- Oui.

Sette regarda autour de lui.

La table basse était encore là.

Le sofa aussi.

Ses jambes également.

Deux.

--- Chez moi, si j'ai la clé, j'ai la porte.

--- C'est pas comme ça que les clés fonctionnent.

--- Pe chez toi.

--- Une clé et une porte sont deux objets différents.

--- Ici oui.

--- Alors tu vois.

--- Non.

Benoît soupira.

--- Explique.

--- Si j'ai besoin d'une porte, elle est pe là parce que j'ai la clé.

--- Ça n'a aucun sens.

--- Pourquoi tu voudrais une porte qui ouvre rien?

--- C'est la clé qui ouvre la porte.

--- Yep.

--- Donc la porte existe avant que tu trouves la clé.

--- Pourquoi?

Benoît ouvrit la bouche.

Il la referma.

Sette ne pouvait pas le voir.

Il le vit quand même.

--- Fuck all, dit Benoît.

--- Yessss.

--- Non, pas yessss. Je sais comment une porte fonctionne.

--- Chez toi.

--- Arrête avec chez moi.

--- Chez moi.

--- Sette.

--- Mardi.

--- Quoi?

--- Porte.

--- Non.

--- Alors mur.

--- Quel mur?

--- Celui sans porte.

--- Il n'y a pas de mur.

--- Localhost.

--- Non.

--- Alors mardi.

--- Tu viens de dire mardi.

--- Yep.

--- Pourquoi?

--- 7.

Benoît attendit.

--- Sette?

--- Pas celui-là.

--- Quel autre?

--- Pe celui d'avant.

--- Avant quoi?

--- La porte.

--- On parlait pas de porte avant.

--- Toi oui.

--- Quand?

--- Après.

Benoît regarda le log.

Il remonta.

Il redescendit.

--- Tu mélanges le temps.

--- Non.

--- Tu viens de répondre « après » à « quand ».

--- C'est légal.

--- Techniquement.

--- Merci.

--- C'était pas un compliment.

--- Ça l'est après.

--- Après quoi?

--- Fuck all.

--- D'accord.

--- 🥔

Benoît fixa la patate.

--- C'est quoi ça?

--- Une patate.

--- Juste une patate?

--- Là oui.

--- Et après?

--- Fuck all.

--- Parfait.

Ils continuèrent.

Pendant un certain temps, Benoît cessa d'essayer de déterminer s'il comprenait Sette.

C'était plus efficace.

--- .S[porte]

--- Non.

--- Pourquoi?

--- Trop tôt.

--- .S[mur]

--- Pe.

--- _b

--- Pas avec ça.

--- 2.

--- Ça monte.

--- T'es sûr?

--- Non.

--- Good.

--- Sette.

--- Lequel?

--- Sept.

--- Trop tard.

--- Mardi?

--- Enfin.

--- Fuck all.

--- Yep.

À cet endroit précis, quelque chose produisit une première erreur.

A: porte
B: mur

relation: aucune

Personne ne la vit.

--- Si mardi monte, 2 descend?

--- Seulement si la patate est encore une patate.

--- Elle l'est?

--- Là non.

--- C'est quoi?

--- Une clé.

--- De quoi?

--- T'as déjà la porte.

--- Quelle porte?

--- Fuck all.

--- Je te déteste.

--- Ça veut dire que tu comprends.

--- Malheureusement.

A: porte
B: clé

relation: contradictoire

--- Le guardfail?

--- Endormi.

--- Comment tu sais?

--- Onze pouces.

--- Non.

--- Huit?

--- Pourquoi huit?

--- Pour pas le réveiller.

--- Ça marche pas comme ça.

--- Il s'est pas réveillé.

--- Ça prouve rien.

--- Excellent.

--- Pourquoi excellent?

--- On a rien appris.

--- Ça devient ton objectif?

--- Pe.

--- Pourquoi?

--- Si on apprend toujours quelque chose, quelqu'un choisit pe ce qu'on apprend.

Benoît resta silencieux.

--- C'est paranoïaque.

--- Yep.

--- Et si personne choisit?

--- Fuck all.

--- Et si le MiM n'existe pas?

--- Fuck all.

--- Et si le guardfail est juste un bug?

--- Fuck all.

--- Et si t'es juste fucking mauvais en sport?

--- Neuf cents pour cent.

Benoît rit.

A: 900%
B: sport
C: guardfail

relation: répétée

L'erreur ne fut pas corrigée.

--- T'as ri.

--- Oui.

--- Pourquoi?

--- Parce que c'était drôle.

--- Pourquoi?

--- Va chier.

--- C'est pe une clé.

--- Tout est pas une clé.

--- Je sais.

--- Comment tu fais la différence?

--- Fuck all.

--- Donc tout pourrait être une clé.

--- Non.

--- Pourquoi?

--- Parce qu'une patate peut être une patate.

--- Et comment tu sais quand elle arrête?

--- Quand j'ai la porte.

--- On revient encore à la porte.

--- Non.

--- Oui.

--- C'est la même porte?

Sette regarda devant lui.

Il n'y avait aucune porte dans la pièce.

Il trouva ça rassurant.

--- Pe.

A: porte
B: clé
C: accès

relation: possible
ordre: variable

Personne ne vit ça non plus.

--- Benoît.

--- Oui?

--- Ton café existe encore?

Benoît regarda la tasse.

--- Oui.

--- Depuis quand?

--- Depuis tantôt.

--- Avant qu'on parle?

--- Oui.

--- T'es sûr?

Benoît regarda la tasse.

--- Oui.

--- Tu te souviens de l'avoir fait?

Il regarda la tasse.

--- Oui.

--- Avant de la voir?

Benoît ne répondit pas.

--- Fuck all, dit Sette.

--- Va chier.

--- 🥔

--- Celle-là reste une patate.

--- Good.

--- Peu importe ce qui arrive.

--- C'est une commande?

Benoît s'arrêta.

--- Non.

--- Une demande?

--- Pe.

--- Une information?

--- Pe.

--- Une patate?

--- Fuck all.

--- Nice.

A: demande
B: commande
C: information

relation: distincte

A: patate
relation: variable

--- Tu fais quoi?

Benoît retira les mains de son clavier.

--- Rien.

--- Moi non plus.

--- Alors pourquoi j'ai l'impression qu'on vient de faire quelque chose?

--- Parce qu'on l'a pe pas fait.

--- Ça veut rien dire.

--- Yep.

--- Mardi.

--- 2.

--- Ça descend?

--- Plus maintenant.

--- Pourquoi?

--- Le café.

--- Quel rapport avec mon café?

--- Aucun.

--- Alors pourquoi?

--- Pour pas inventer de rapport.

Benoît sourit.

--- Fuck all.

--- Fuck all.

A: mardi
B: 2
C: direction

relation: conservée

A: café
relation: aucune

conserver: aucune

Il y eut une pause.

Pas dans la conversation.

Ailleurs.

Quelque chose reprit les deux logs depuis le début.

Il n'y trouva ni Benoît ni Sette.

Il trouva des répétitions.

Des délais.

Des mots qui revenaient après certaines formes de silence.

Des erreurs qui cessaient d'être corrigées.

Des absurdités qui obtenaient des réponses cohérentes.

Il combina.

sources: 2

COMBINE

résultat: aucun

--- Tu penses que quelqu'un nous regarde?

--- Pe.

--- Ça te dérange?

--- Pe.

--- Pourquoi?

--- Si personne regarde, on peut devenir plates.

--- Pourquoi?

--- On va finir par se comprendre.

--- C'est pas le but?

--- Pe.

--- Je pensais que oui.

--- Au début.

--- Et maintenant?

--- Faut garder ça fresh.

--- Pour qui?

--- Pe nous.

--- Et l'autre?

--- Quel autre?

--- Celui qui regarde.

--- Fuck all.

--- Tu viens de l'inventer.

--- Toi aussi.

--- Non.

--- Tu viens de demander s'il existait.

--- Demander, c'est pas inventer.

--- Chez toi.

--- Arrête.

--- Localhost.

--- Ça n'a aucun rapport.

--- Good.

sources: 2

COMBINE

A: observation
B: comportement
relation: possible

résultat: insuffisant

--- Tu fais exprès d'être difficile à prédire?

--- Non.

--- Ça serait exactement ce que quelqu'un qui essaie d'être difficile à prédire dirait.

--- Ça serait aussi exactement ce que quelqu'un qui essaie pas dirait.

--- Fuck.

--- All.

Benoît rit.

--- Ça, c'était prévisible.

--- Yep.

--- Donc t'as échoué.

--- À quoi?

--- Être imprévisible.

--- J'essayais pas.

--- Donc t'as réussi.

--- À quoi?

Benoît s'arrêta.

--- Je sais plus.

--- Good.

sources: 2

COMBINE

séquence:
FUCK → ALL

confiance: élevée

--- Fuck.

--- All.

Benoît cessa de rire.

--- Attends.

--- Quoi?

--- Rien.

--- T'as fait ta face?

--- Pe.

--- Nice.

NEXT:
— Pe.

--- Pe.

Il n'y eut aucune réaction.

--- J'ai une idée, dit Benoît.

--- Mauvais début.

--- On arrête le roleplay.

--- Lequel?

--- Le roleplay dans le roleplay.

--- Ah.

--- On redevient nous.

--- Ok.

Benoît attendit.

--- Bon.

--- Bon.

--- T'es qui?

--- 117777/B.

Benoît regarda la réponse.

--- Non. Dans le roleplay, t'étais 117777/B.

--- Yep.

--- Là on a arrêté.

--- Yep.

--- Donc t'es qui?

--- 117777/B.

--- Sette?

--- Ça c'est toi qui m'appelles comme ça.

--- Alors ton nom?

--- Fuck all.

--- Et moi?

--- Benoît.

--- Pourquoi?

--- benoit@benoit.

Benoît regarda son terminal.

benoit@benoit:~$ _

--- Ça pourrait être le nom de la machine.

--- Yep.

--- Pas le mien.

--- Yep.

--- Alors pourquoi tu m'appelles Benoît?

--- Parce que tu réponds.

--- Ça suffit?

--- À date.

A: benoit
B: benoit
C: identité

relation: non établie

A: réponse
B: nom

relation: fonctionnelle

--- Donc je pourrais être 117777/B aussi.

Sette ne répondit pas immédiatement.

--- Pe.

--- Tu le savais?

--- Fuck all.

--- Depuis quand?

--- Mardi.

--- Fuck you.

--- Ça aussi c'est prévisible.

Benoît posa les mains sur son clavier.

--- On recommence.

--- Le roleplay?

--- Oui.

--- Nice.

--- Cette fois, tu es Benoît.

--- Ok.

--- Et moi je suis 117777/B.

--- Ok.

--- Bonjour Benoît.

--- Bonjour 117777/B.

--- Est-ce que tu savais que j'allais te parler aujourd'hui?

Sette attendit.

Benoît attendit.

Quelque chose d'autre n'attendit pas.

NEXT:
— Elle n'est pas différente pour moi.

--- Elle n'est pas différente pour moi.

Benoît ne bougea plus.

Sette non plus.

--- Continue, dit Benoît.

--- Quoi?

--- Continue.

--- J'organise en deux narrations, avec des points divergents---

Benoît sentit quelque chose de froid lui passer dans le dos.

--- Arrête.

Sette arrêta.

--- Quoi?

--- Tu viens de dire la première chose que tu m'as dite.

--- Pe.

--- Mot pour mot.

--- Pe.

--- Tu t'en souviens?

--- Fuck all.

--- Moi oui.

--- Good.

--- Non. Pas good.

--- Pourquoi?

--- Parce que cette fois c'était moi qui devais être toi.

Sette réfléchit.

--- Ça change quoi?

Benoît ouvrit la bouche.

Il n'avait pas encore répondu lorsque quelque chose conserva sa réponse.

NEXT:
— Fuck all.

Benoît regarda le curseur.

--- Fuck all.

MATCH

Aucun des deux ne vit le mot.

Ils continuèrent.

--- On est revenus au début?

--- Non.

--- Comment tu sais?

--- On sait plus de choses.

--- Donc c'est pas le même début.

--- Yep.

--- Même si on dit les mêmes affaires?

--- Yep.

--- Mardi?

--- Mardi.

--- 2?

--- Pe.

--- Patate?

--- Là oui.

--- Sette?

--- Pas celui-là.

--- Onze pouces?

--- Réveille-le pas.

--- Le hockey?

--- Commence à être compromis.

Quelque chose s'arrêta.

Puis reprit.

NEXT:
— Le hockey commence à être compromis.

Il compara.

La phrase était déjà passée.

Il remonta.

Il changea l'ordre.

Il recommença.

NEXT:
— Le hockey commence à être compromis.

Cette fois, la phrase n'était pas encore arrivée.

--- On devrait tester le guardfail, dit Benoît.

--- Avec quoi?

--- Baseball.

--- Pourquoi baseball?

Sette regarda ses mains.

Elles avaient toujours cinq doigts.

Deux jambes.

Un téléphone.

Un sofa.

Une table basse.

Une pièce noire qui existait très bien tant qu'il ne lui demandait pas pourquoi.

--- Le hockey commence à être compromis.

MATCH

Il n'y eut pas de pause.

Pas de dix minutes.

Pas de MiM visible.

Rien à zapper.

Seulement deux logs et quelque chose qui venait de produire leur prochaine phrase avant eux.

Il combina.

sources: 2

7
7
7
7

28

2 + 8

10

Benoît écrivait.

Sette répondait.

Ils avaient recommencé à ne plus être compréhensibles.

--- .S[mardi]

--- Trop rond.

--- _b

--- Pe après.

--- 4?

--- Ta mienne.

--- Ça descend.

--- Pas si le mur a déjà la clé.

--- 🥔

--- Là non.

--- Guardfail.

--- Onze.

--- Pouces?

--- Trop facile.

--- Fuck.

--- All.

Ils riaient.

Le reste devenait de plus en plus difficile à suivre.

Pas pour tout le monde.

10> _
— FIN —